Impressions dans l'avion pour Bombay

L'avion est au dessus des nuages, c'est magnifique et j'espère au cours de mon voyage voler au dessus des nuages de ma carapace, me connecter avec le reste du monde.





Première impression au contact du sol indien ( Bombay )

La chaleur humide me colle a la peau , mes vetements me collent a la peau, Bombay sent la pollution, une odeur de produit chimique m'envahit les
narines, puis en changeant de rue on se retrouve pris par des parfums culinaires, enfin une odeur revient tres souvent, c'est quoi ce parfum nauséeux, ce ne serait pas, si si c'est bien le caca. La nuit la lumiere est faible, Bombay est eclaire par des ampoules de 40 watts, une ambiance tamisee me permet d'apercevoir des formes indistinctes, apres que mon oeil se soit habitue je constate que ce sont des hommes et des femmes couches a meme le sol mouille par l'humidite, il y en a meme devant mon hotel (faut dire que c'est loin d'etre le plus classe).


La musique a Bombay c'est le concert des klaxons, les gens conduisent a l'oreille, un sourd n'a aucune chance de rentrer chez lui sans au moins avoir cabossé son carrosse une dizaine de fois.Apres une nuit difficile, je me reveille transpirant dans mon hotel crado et decide de me degourdir les jambes dans la rue, et là, stupefaction, je suis regardé comme une bete curieuse (Je n'ai croisé que 5 europeens en 2 jours a Bombay). Ce qui frappe vraiment, c'est le regard des indiens, ils te bouffent du regard, comme si tu venais d'une autre planete, j'ai l'impression d'etre le premier touriste de la ville depuis au moins 2 generations, ils te collent, te sentent, t'humectent de leur haleine et comme dit Henri Michaux, si tu tousses, tu en blesses au moins 2 ou 3 tellement ils sont colles a toi.Cependant ils sont calmes et ont l'air authentique, meme les mendiants sont dignes et n'insistent pas trop, ils aiment quand vous leur souriez. Ils essayent quand meme de vous rouler, un jeune voulait me vendre une soit disant boulette de marijuana, qui meme de loin ressemblait plutot a une boulette de bouse de vache malaxée.Apres quelques allers retours et une journee a courir de gauche à droite afin d'avoir un billet de train pour l'etat de Goa, je me pose dans un nouvel hotel en face de la gare (depart 7H du mat), je descends me chercher a manger dans une de ces rues si vivantes de Bombay.


Attire par le son des cloches je decouvre un petit temple, des indiens m'invitent a y rentrer, celui qui a garde mes chaussures me pose des questions
sur le but de mon voyage, je lui parle de quete d'identite, et nous sommes partis pour une discussion de 2 heures ou il m'a fait un cours sur l'hindouisme,sur la spiritualite, me reexplique que la religion hindoue respecte les autres , quellle que soit sa religion, l'important est de trouver son essence, se soustraire de son corps, de sa vanite, de son ego, du contexte qui nous entoure pour se retrouver et connecter avec le spirituel, il m'a parle avec de nombreuses metaphores, c'etait tres clair.Pour cela il faut mediter, prendre du temps pour retrouver ce qui habite
l'interieur de son corps, une fois ce stade atteint la vie devient heureuse, car nous sommes heureux.

Le lendemain au depart de Bombay, une image m'a frappe, ce sont les nombreuses tentes bricolées où habitent des milliers de personnes, et tout le long des rails, de 7H a 9H des centaines d'hommes d'indiens faisait leurs besoins m'offrant le paysage de leurs fesses ou de leurs sexes, hallucinant comme vision.

J'ai ensuite vu les premieres vaches indiennes, elles aussi donc se trouvent souvent au bord des voix ferres, mais a la difference des vaches francaises
ou suisses, elles broutent nonchalament , elles ne regardent pas le train passer.
Serait elle comme l'hindou marquée par son detachement aux choses materielles?

Panjim

Ville de Panjim, etat de Goa, je suis deja moins en nage qu'a Bombay, l'air de la mer doit y etre pour quelque chose, il ne fait ni beau, ni mauvais, simplement humide, apres une arrivee dans la soiree, je decide de rester une journee pour aller au marche de Mapusa, etat de Goa. Dans le marche aux poissons, une foule d'enfants s'est mise a me suivre dès que j'ai sorti mon appareil photo. Tout le monde riait et voulait se faire prendre en photo. Belle matinee, j'ai voyage avec les bus locaux avec une foule d'indiens, une foule c'est bien le mot, ils debordent de tous les cotes du bus (que cela donnerait il en metro?), mais les gens sont calmes, doux, parlent doucement quand ils parlent, m'observent toujours avec ces yeux exorbites (serais-je jesus-christ?)
En ce moment, assis a la terrasse d'un resto local, un indien n'a pas bouge depuis 10 minutes, sauf pour se gratter l'oeil, il attend que rien ne se
passe, d'un air morose, il soutient sa tete par son bras et attend je ne sais quoi comme une vache indienne somnolant tranquillement au milieu de la
route.

Un enfant a un regard plus interrogateur et me sourit, un autre au meme moment a lui un regard de vieux buffle avec un oeil a moitie tombe ???. J'ai
l'impression qu'il veut me sauter dessus, mais il deborde tellement de passivite qu'il faudrait bien un bon mois pour qu'il ait l'energie de
parcourir les 5 metres qui nous separent.
Je comprends Henri Michaux quand il dit 'Apres un voyage en inde, on aurait tendance a dire : j'ai vu l'Inde, alors que c'est elle qui vous a vu" Ici tout le monde vous guette d'autant plus que c'est la basse saison niveau tourisme et que les touristes desertent l'Inde de peur d'un conflit Inde/Pakistan.

 

Sur la route de Goa à Badami

Aujourd'hui 9 H de bus au programme, je me sens un peu anxieux car la tete du bus ne m'inspire pas vraiment confiance, mais heureusement le chauffeur et les passagers sont tres chaleureux, tous veulent s'asseoir a cote de moi, sur le quai en attendant le bus, des enfants se sont collés à 30cm de moi et n'ont pas decollé avant que mon bus arrive, ils ne parlaient pas anglais, mais on a baragouiné grace aux quelques mots d'Hindi que j'ai appris.
C'est dans cette bonne ambiance que je débute ce long trajet, ou j'ai été très secoué, en effet apres 30Km à peu pres corrects, on est entré dans la jungle sur une piste de sable rouge (bonjour les secousses).
La jungle est magnifique, on surprend au bord de cette route des campements de tziganes hindous, malheureusement l'alcool arrive jusqu'ici et fait des ravages.
Puis apres 5 H de jungle, on change completement de paysage, les terres sont cultivés, canne à sucre, coton, mangue, cacahuete (ici on les mange fraiches, elles sont très tendres), tournesol...
Puis les villages se colorent a l'orientale, beaucoup de musulmans, ils sont un peu moins amicaux que les hindous.


Badami : 31-1 Ocobre 2001

Réveil etrange vers les 6H du matin, mais que se passe t'il, serait-ce le voisin qui a branche sa télé à fond, non, c'est le chant du muezzin appelant
les musulmans a la priere, de nombreux emeteurs le diffusent dans toute la ville, vraiment exotique comme reveil.

Après une recheche des caves, egayé par les petits cochons et les singes qui vadrouillent je découvre ces magnifiques grottes sculptées d'un bloc à meme la roche. On s'y sent mieux que dans une église, les temples sont à taille humaine et m'amenent a méditer, mon "Om" resone magnifiquement et la communion avec les lieux est d'autant plus forte.

Hampi : 1-3 octobre 2001

Je me ballade au milieu des temples de Hampi, accompagné de singes, d'un éléphant, de lumières rouges, de plantations de bananiers, de parfums epicés, de fleurs de mangues, j'ai le gout de lait de noix de coco frais qui papille dans ma bouche, le vent chante des courants d'air chaud, les temples me calment et me donnent envie de mediter, de prendre le temps de vivre, regarder l'amour de l'interieur.
Mon repas de midi est compose d'un ananas frais et d'une pomme acheté à un hindou à bicyclette.
Sur les sentiers, j'ai découvert des hommes heureux, je ressends moi même ce sentiment, j'ai pris le temps de vivre, d'écouter mon coeur, de le dire à celle que j'aime, je m'accorde avec moi même et le reste du monde.

Ce site, (anciènne cité des rois Vijayanagar, elle rivalisait au 14 eme siecle avec Benares) est magnifique, les Hindous sont en complète osmose avec ce lieu, une beauté simple et douce, qui vous enivre au premier regard.

On pourrait penser que c'est la magie du lieu qui les a rendu ainsi, mais ce n'est pas la jungle qui choisit le tigre, mais le tigre qui choisit de rentrer
dans la jungle.